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16/01/2008

De la modernité et du jeu dans un album (1910)

pnewell3.jpgLe livre en pente
Peter Newell
traduit de l’anglais par Michelle Nikly
Albin Michel, 2007

 

(par Anne-Marie Mercier)

 

L’originalité n’est pas synonyme de nouveauté, la preuve, cet album de 1910 (The slant book), réédité en italien puis en français, toujours aussi surprenant. Son format surtout étonne, non par sa taille mais par la forme choisie, celle d’un parallélogramme sans aucun angle droit, qui donne d’emblée une impression de vertige. Le texte s’inscrit dans la même pente, donnant à ce livre, une fois ouvert, une allure de ligne de fuite perpétuelle.


Vertige aussi dans la narration : la forme épouse à merveille l’histoire racontée. Sur la page de droite, le dessin montre une voiture d’enfant, lancée vers la gauche (la page de texte, le pli du livre) dans une rue en pente, puis dans la campagne. Dans son bolide, le petit Bobby renverse tout sur son passage : gens, bêtes, choses. Tout cela ravit le bambin qui capte puis renvoie toutes sortes d’objets : journaux, fruits, chapeau… son passage engendre des explosions. Le texte est mis en vers et écrit en une langue très élaborée, au vocabulaire riche. Chaque double page présente une situation nouvelle, sans lien avec la précédente, hors le trajet de Bobby. Les images aux tons sépias, gris, ou vert ou brun… offrent toujours le même objet central : le landau et son occupant hilare, l’arrière plan et le cadrage changeant à chaque page.


Répétition, variation, du moderne ! Destruction, désordre, confusion, gaspillage : de l’enfance ! Et aucun message, non, tout cela n’est pas politiquement correct et citoyen (qui remboursera le marchand de journaux et la fermière ? Voilà une sotte question !). N’y trouvent place que le plaisir du jeu, de la vitesse, de la transgression, enfin de la « pente » de l’enfance (publié à quelle époque, déjà ?).

 

http://www.albin-michel-jeunesse.com/

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