Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/09/2008

Lisbonne brûle-t-elle ?

fvallejo3.jpgL’incendie du Chiado
François Vallejo
Viviane Hamy, 2008

(par Frédéric Saenen)

En août 1988, François Vallejo est témoin, depuis sa chambre d’hôtel, de l’incendie qui ravagea l’un des quartiers les plus populaires de Lisbonne, le Chiado. Quelque vingt après, cette catastrophe lui inspire un roman improbable, dans lequel il met en scène quatre figures égarées, en quête de destin.

Les protagonistes – un Français, un photographe de presse, une femme qui a perdu sa fille et un gardien de nuit – se font en effet « prisonniers volontaires » des ruines encore fumantes. Ainsi chacun d’entre eux, au cœur de ce paysage apocalyptique, compte-t-il retrouver à sa façon le sens de son passé ou de sa vie. Pour les assister dans ce dévoilement, un certain Juvenal, émergeant comme par miracle du brouillard cendreux dans un costume impeccable, jouera, pour leurs aveux respectifs, le rôle de Deus ex machina. Et sa présence sur les lieux se révèlera loin d’être anodine…


Si Vallejo maîtrise, par son subtil entrelacement entre monologue intérieur et discours indirect libre, un art consommé de la narration, il n’en reste pas moins que la situation dans laquelle il plonge ses personnages et les développements qu’il lui donne ne convainquent guère. Ces êtres, qui pendant les jours où ils échappent à la vigilance des sauveteurs, se nourrissent de fruits épargnés par les flammes ou de poulets à moitié carbonisés ; ces âmes en détresse, dont les confessions sans grand intérêt s’enchaînent très classiquement à la fin du récit ; ces créatures somme toute assez inconsistantes remporteront difficilement l’adhésion du lecteur.

Une histoire qui, tenant tantôt d’un épisode de la Quatrième dimension, tantôt de Huis Clos dont l’enfer serait devenu portugais, aurait gagné en densité si elle avait pris la forme d’une nouvelle ou d’une pièce de théâtre. En l’état, elle nous suggère plutôt qu’il peut y avoir de la fumée sans feu.

http://www.viviane-hamy.fr/

Les commentaires sont fermés.