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25/08/2008

Frontières

mattruff.jpgBad Monkeys

Matt Ruff
traduction de l’anglais Laurence Viallet

10-18, 2008

 

(par B. Longre)

 

Joli tour de force narratif, Bad Monkeys démarre comme une chronique adolescente, se mue en polar, puis navigue inlassablement entre les genres et les atmosphères, de la farce tragique à la parodie la plus grotesque - sans oublier l’anticipation et le fantastique. On trouve ici un mixe qui a de quoi réjouir : un rythme échevelé, un enchaînement d’événements de prime abord invraisemblables qui obéissent pourtant à une logique implacable, et une narratrice à la fois désinvolte et surmenée, à laquelle on s’attache (est-ce bien raisonnable ?) dès les premières pages – Jane Charlotte, enfermée dans « l’aile des barjots » de la prison de Las Vegas, accusée de meurtre. Là, elle se confie à un psychiatre et tâche de justifier ses actes en racontant qu’elle oeuvre pour le compte d’une société secrète… « L’organisation », qui « lutte contre le mal », rend sa propre justice en surveillant et exécutant sommairement des « malfaisants», forcément irrécupérables – meurtriers, fous dangereux, kidnappeurs d’enfants – en partant du principe que le monde se portera mieux sans eux. Jane Charlotte est-elle une affabulatrice hors pair ? Comme le soupçonne son médecin, ment-elle par omission, préférant laisser dans l’ombre certains pans de son existence ? Qui cherche-t-elle à convaincre ? Ou bien, tout simplement, se contente-t-elle de raconter sa vérité ? À chacun de le découvrir en lisant d’une traite ce roman inclassable, époustouflant, qui s'interroge sur la frontière, décidément perméable, entre bien et mal.

 www.10-18.fr

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