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  • Yllavu, le sauveur

    yllavu3.jpgYllavu

    Gambhiro Bhikkhu, illustrations de Samuel Ribeyron

    Editions Hongfei, 2007

     

    (par Blandine Longre)

     

    Toute nouvelle maison d’édition fondée par Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob, HongFei (littéralement, « Grand oiseau en vol » en chinois) souhaite « s’engager dans l’édition des lettres chinoises » en se concentrant sur des textes qui n’ont pas encore été traduits, une façon de créer une synergie entre deux cultures. Trois albums ont déjà parus en octobre dernier, dont Yllavu, conte philosophique composé par Gambhiro Bhikkhu, un moine bouddhiste d’origine hawaïenne, installé à Taiwan, illustré par Samuel Ribeyron (qui signe déjà, dans un tout autre genre, 38 Perroquets de Grigori Oster chez Points de Suspension, ou encore les illustrations qui accompagnent les CD d’Amélie-Les-Crayons).

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  • Mu, Le feu sacré de la terre

    mu3.jpgLa trilogie du gardien, tome 1 : Mu Le feu sacré de la terre
    de David Klass

    traduit de l’anglais par Julien Ramel
    Intervista, 2007 - collection 15-20 ans

     

     (Par Catherine Gentile)

     


    Une nouvelle collection chez Intervista, co-dirigée par Denis Guiot
    et Constance Joly-Girard : « 15-20 ».

     

     

    Denis Guiot explique que la démarche éditoriale qu’il a choisi d’adopter avec Constance Joly-Girard vient combler le « no man’s land éditorial » que l’on constate en ce qui concerne les jeunes adultes. Ceux-ci ne se retrouvent ni dans la littérature de jeunesse, justement trop ciblée pour les enfants et les adolescents, ni dans la littérature pour adultes. Captés bien souvent par d’autres centres d’intérêt, ils délaissent alors la lecture.
    Denis Guiot précise encore : « La collection « 15-20 » proposera des romans en prise avec les grands enjeux de notre société, des romans pour rêver et prendre conscience, des romans d’apprentissage où les héros devront « mouiller leur chemise », des romans écrits dans une langue claire, dynamique et naturelle. Notre politique éditoriale s’appuie sur du divertissement de qualité au service d’une ouverture sur la vie, et prend en compte les pratiques culturelles de la tranche d’âge visée. Les titres que nous publions en 2008 parleront du danger que court la planète, du suicide des jeunes, de l’immigration clandestine, de la ghettoïsation des banlieues, etc. Mais sans prêchi-prêcha et en gardant toujours à l’idée que lire n’est ni une obligation, ni une occupation démodée, ni une activité élitiste, ni une fuite hors du monde, mais un plaisir simple, intense et actuel, qui fait partie de la Vie. »

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  • Rêver pour vivre et vice-versa

    mademoiselles3.jpgLa vie rêvée de Mademoiselle S.
    Samira El Ayachi

    Exprim, Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    Entre deux eaux, Salima a bien du mal à réconcilier son présent et ce qu’elle éprouve (et laisse rarement sortir) – ses frustrations, sa lassitude face aux pressions qui viennent de toutes parts, ou tout ce qu’elle n’ose espérer vivre un jour. Fille d’immigrés marocains, issue d’un milieu modeste, la jeune lycéenne de terminale, pétrie de contradictions, semble ne plus savoir quelle route emprunter : certes, elle reconnaît la valeur de son travail scolaire et ses camarades lui en savent gré (profitant de « la » bonne élève comme bouée de sauvetage), tout comme ses professeurs (qui peuvent compter sur elle quand les autres les désespèrent…), mais Salima reste pourtant lucide sur la finalité de ce qu’elle apprend au lycée. Simultanément, cette étiquette d’élève brillante et consciencieuse (« dans le système, attrapée docile », dit-elle) lui pèse tout autant que certains rituels familiaux qui l’ennuient ou les incitations à « continuer ainsi » de ses parents qui veulent lui assurer le meilleur avenir possible. Alors, quoi faire ? Chercher un petit boulot ? Entrer dans la vraie vie ? Oui, mais comment ?

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  • Tu ne me connais pas

    klass.jpgTu ne me connais pas
    David Klass

    traduit de l’anglais par
    Jean et Claude Demanuelli
    Seuil jeunesse, 2002

    (Par Catherine Gentile)

    Dès l’entrée dans le roman, on entre de plein fouet dans le désarroi du narrateur, John, un adolescent malheureux qui s’adresse à sa mère et ne s’exprime que par la négation : elle ne le connaît pas, l’homme qui vit avec elle n’est pas son vrai père, son école est une anti-école, sa maison n’est pas la sienne… John souffre de l’apparente indifférence de sa mère, une femme usée par le travail en usine et surtout, de la violence de son beau-père, qui le « corrige » sans laisser de traces. John n’épargne donc personne, pourtant son récit n’est pas un règlement de comptes.

    Ouvrir le roman, c’est surtout entendre la voix de cet adolescent, une voix fière et forte, un garçon malheureux qui s’avère pourtant plein de ressources. Il montre une lucidité étonnante et raconte le monde qui l’entoure avec un humour décapant, ce qui lui permet de le trouver sans doute plus supportable. Il a aussi recours à son imaginaire en s’inventant une tribu exotique, les Palulu du Lashasa, et en se demandant ce que ferait cette tribu dans telle situation vécue par lui. Il raconte aussi ses premiers pas dans le domaine amoureux, d’une manière à la fois très pudique et désopilante.

    On a rarement aussi bien parlé de l’adolescence et ce roman mérite vraiment le détour. Un texte étonnant et juste qui montre bien la difficulté de se construire à cette période de la vie. A conseiller à de bons lecteurs à partir de 13 ans, garçons et filles.

  • Dire le silence

    cleblanc4.jpgSilences
    Catherine Leblanc

    Les Découvertes de la Lucioles, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    « Et si rien n’était vraiment solide ? » s’interroge Nicole, face à Jonas qu’elle tente d’apprivoiser, en vain (Des morceaux de lui vont s’en aller). L’enfant, emmuré dans un silence qui déroute les adultes, ne parvient pas à se faire une place dans le monde scolaire ultra régulé, qui pourtant veut bien de lui. En quelques scènes, par fines touches, Catherine Leblanc trace le parcours d’un petit garçon différent, dont la vie intérieure est perturbée par l’obligatoire contact avec les autres. Lui parviendra à s'entrouvrir, contrairement à Julia (Douée pour le silence), qui se replie sur elle-même en comprenant que personne, pas même sa mère, n’accepte d’entendre ce qui pèse sur son cœur : « Parler, c’est se risquer, parler c’est souffrir.» se dit-elle, résolue à garder son terrible secret. Et à force d’entendre qu’elle serait «douée pour le silence », elle se tait.

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  • Rififiction dans l’édition jeunesse

    gloire3.jpgLa Gloire de mon frère
    Emmanuel Arnaud

    Editions du Rouergue (doAdo), 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Non, La Gloire de mon frère n’est pas un remake de Pagnol mais est construit à partir d’un soupçon d’autobiographie. Ce court roman reprend de façon tout à fait originale l’histoire du premier roman d’Emmanuel Arnaud, Les Trilingues, édité lui aussi au Rouergue (2006). Il reprend non les personnages, ni l’intrigue ni les thèmes, mais l’histoire de la publication d’un roman pour ados et la découverte que l’auteur a faite des métiers de l’édition à cette occasion. Éditrice, correctrice, conseillère, une certaine Sophie, guide l’écriture finale, pilote l’auteur dans les salons du livre, interviews, etc. et veille à l’avenir de l’œuvre.


    Tout cela est une fiction et non une autobiographie, même si le premier roman évoqué s’intitule ici Les Bilingues, le second Les Trilingues, etc. (c’est d’une série qu’il est ici question) et si l’expérience de ce premier roman a pu nourrir l’œuvre.

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  • Savoir, plutôt que "croire"

    servais3.jpgServais des Collines, un aventurier de la Renaissance
    d'Anne Percin
    Oskar jeunesse, 2007 - à partir de 13 ans

    (par B. Longre)

     À première vue, le nouveau roman d’Anne Percin est bien différent, voire aux antipodes du précédent (Point de côté) : il s’agit là d’un roman historique, fresque vivante, foisonnante, érudite et très vraisemblable d’une Renaissance tumultueuse telle qu’elle est vécue, l’espace de deux années (fin 1532- début 1535), par Servais, jeune lyonnais que son père imprimeur, adepte d’Erasme, envoie faire des études à Paris afin de réaliser par procuration son propre rêve d’érudition.

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  • D'une "furieuse" ironie

    moliere.jpgCinq comédies de Molière
    (Sganarelle ou le Cocu imaginaire, L’École des maris, Les Précieuses ridicules, La Jalousie du Barbouillé, Le Médecin volant)
    Mise en scène de Christian Schiaretti
    TNP, du 6 au 17 novembre 2007 – et en tournée


    (par Nicolas Cavaillès, novembre 2007)

    Le bon vieux Molière de derrière les tréteaux n’en a pas fini de faire rire. Avec ces quelques farces des débuts, Christian Schiaretti enrichit de deux pièces l’ensemble créé la saison dernière, pour deux soirées alternées d’une « furieuse » ironie (dans les costumes, dans la musique, dans le jeu), avec des pièces éternelles et fraîches, faciles et fines, à la plaisante sagesse populaire. Rapprochant toujours plus le public et les comédiens, la chaleureuse universalité des textes occasionne un rire léger et intelligent : maris cocufiés, précieuses ridiculisées, quiproquos efficaces mettent à jour la bêtise humaine comme l’humaine capacité au bonheur…
    Entouré d’une jeune troupe largement cueillie à l’ENSATT, dans laquelle l’on retrouve avec plaisir Clémentine Verdier ou Julien Tiphaine, par exemple, le metteur en scène offre ainsi des divertissements vifs, servis par une économie textuelle bienvenue, pour notre jubilation d’êtres modernes (rapides). Ne pas manquer Sganarelle ou le Cocu imaginaire, où Xavier Legrand excelle, jolie pépite dans ce grand jeu de distanciation et de fraternité généreux, qui régale d’autant plus qu’il n’entend pas impressionner.

    www.tnp-villeurbanne.com