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14/12/2006

Les anges dans nos campagnes : une bonne nouvelle ?

cri3.jpgUn cri

Pierre Autin-Grenier
illustrations de Laurent Dierick
Cadex Editions, 2006

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Faite en principe pour une lecture d’un instant, une vraie et bonne nouvelle se lit paradoxalement avec la lenteur savoureuse de la dégustation. Cette édition illustrée par Laurent Dierick, particulièrement soignée, met justement en valeur les qualités du texte.

Un cri est un récit bref qui prend son temps. Le cri en question est là dès le début, mais ce n’est qu’à la dernière ligne, au dernier mot que son mystère s’élucide, et encore… Le narrateur (un « nous » anonyme qui sollicite profondément le lecteur) a bien le dernier mot, mais ce dernier mot laisse à ce lecteur l’entière responsabilité de sa lecture. Entre temps, on fait la connaissance de Baptiste, paysan rude à la tâche, taciturne et bourru, qui mène la quête nocturne sur fond de ténébreuse terreur.

Chaque terme est à sa place, chaque phrase s’emboîte parfaitement dans une narration qui penche carrément vers la poésie : on entend le cri, on voit la lune et les étoiles, on devine les ombres des arbres, on perçoit même la sonorité des pas du « curieux cortège dans les profondeurs de quelque forêt fatale ».

De quoi rappeler que si la notoriété de Pierre Autin-Grenier repose sur ses récits, la valeur de ceux-ci repose sur la densité poétique de leur prose, sur ce que Dominique Fabre, dans la préface du présent opuscule, appelle la « langue riche et goûteuse » de cet écrivain « honnête homme et anarchiste », « inconsolable » et « comique », qui adopte volontiers et sans en avoir l’air une « posture de moraliste ». En somme, un écrivain marginal qui met la marge au cœur de nos préoccupations en nous menant quérir un cri poussé dans le lointain, au-delà des limites.

http://www.cadex-editions.net

11/12/2006

Le désert de notre conscience

daratt3.jpgDaratt (saison sèche)
de Mahamat-Saleh Haroun
Prix du Jury à Venise 2006

Sortie le 27 décembre 2006
Avec Ali Bacha Barkai, Youssouf Djoro, Aziza Hisseine
Film français, belge, autrichien, français, 2006
Durée : 1h 35min

(par Nicolas Cavaillès)

Dans un pays sec, miséreux, ravagé par une guerre civile qui dure depuis 41 ans, comme c’est le cas du Tchad, la mort a toujours une longueur d’avance : même un jeune homme réservé comme Atim (l’Orphelin, joué par Ali Bacha Barkaï) est né avec un meurtre à accomplir, celui du meurtrier de son père. Poussé par son grand-père aveugle, le héros introverti de Daratt (Saison sèche) se lance donc à la recherche de l’homme qu’il doit tuer, Nassara, et il quitte son village pour N’djamena, où l’ancien criminel de guerre tient maintenant une paisible boulangerie : partagé entre le besoin d’un père et le devoir instinctif de vengeance, entre le désir d’avoir un guide et la tentation de tout abandonner au chaos général, Atim devient petit à petit l’apprenti de Nassara.

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L’amour "global"

amulpas3.jpg

La fille du papillon, d'Anne Mulpas
Sarbacane, Romans Exprim’ 2006
à partir de 13 ans

(par Blandine Longre)

« Ce n’est pas un banal coup de foudre, ce n’est pas une bête histoire d’amour. Non, non et non. C’est autre chose », écrit Solveig dans le journal intime qu’elle a choisi d’écrire, en dépit de ses principes… car elle a enfin quelque chose à raconter et à confier depuis qu’elle a rencontré celui qu’elle baptise d’emblée « le Monde », le garçon qui va prendre désormais beaucoup de place dans ses pensées et dans sa vie.

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