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Des nouvelles des Antipodes

breves79.jpgRevue Brèves n° 79
Automne 2006
L'Atelier du Gué, revue trimestrielle

 

(par B. Longre)

 

La littérature néo-zélandaise, invitée des Belles Etrangères cet automne (après la Roumanie en 2005), est conjointement à l’honneur dans le dernier numéro de la revue Brèves, grâce à un dossier préparé par Claire Julier et Christiane Rolland Hasler (toutes deux nouvellistes).
C'est d'abord par le biais de leurs écrits que l'on découvre cinq auteur(e)s (pas tous nécessairement invités par les Belles Etrangères), des nouvelles qui ouvrent sur des univers littéraires et intimes inévitablement hétérogènes.


On s'arrêtera plus particulièrement sur Les papillons de Patricia Grace, romancière maori, l'une des premières à avoir été publiée dans son pays dans les années 1970 et à laquelle on doit, entre autres, le beau roman Cousins (1992). Les papillons met en scène une petite fille qui fait la fierté de ses grands-parents depuis qu'elle va à l'école, mais son travail sur les papillons ("J'ai tué tous les papillons") ne plaît visiblement pas à la maîtresse, qui vit certes dans le même pays, mais selon des valeurs qui ne correspondent en rien à celles du quotidien de l'enfant et de sa famille.

En quelques mots, à partir d'un infime détail, l'auteure parvient à mettre l'accent, très subtilement, sur ces antagonismes qui créent des failles d'incompréhension entre deux cultures vivant côte à côte sans nécessairement se connaître, et pourtant amenées à se télescoper. La brièveté de cette prose et l'attention portée aux moindres détails se retrouve en partie dans Un morceau de savon jaune de Frank Srageson (1903-1982), un récit mélancolique et poignant qui évoque l'indigence des classes laborieuses. L'empathie fonctionne aussi très bien en lisant Si je pleure, de Fiona Kidman (à découvrir, Rescapée, roman qui paraît chez S. Wespieser en novembre), le récit coloré et oralisé d'une femme dont la vie "comblée" par les naissances successives (douze enfants) l'est moins quand l'un de ses fils a maille à partir avec la police.

 

Même chose avec M. Van Gogh d'Owen Marshall ("le roi de la nouvelle contemporaine"), une histoire qui laisse le lecteur tout aussi désemparé que le jeune narrateur, qui voit s'écrouler le rêve de toute une vie, celle d'un vieil excentrique incompris,surnommé Van Gogh. Quant à Nan, protagoniste de La liseuse de Janet Frame (1924-2004), elle appartient aussi à la communauté des exclus et ce court récit poignant, sans être autobiographique, évoque les épreuves subies par l'auteure (internée pour schizophrénie en 195, diagnostic réfuté par la suite). A propos de son écriture si singulière, expérimentale pour l'époque, on lira avec intérêt l'entretien avec Nadine Ribault, l'une des traductrices du Lagon et autres nouvelles (Editions des Femmes, 2006) ainsi que la vingtaine de pages consacrées à cette auteure qui rappelle une autre grande écrivaine néo-zélandaise, Katherine Mansfield (dont parle Hubert Haddad).

Des auteures, donc, plus que des auteurs, dans ce numéro de Brèves ; et comme pour accentuer cette tendance (qui n'est sans doute pas délibérée mais dont on n'aura pas l'idée de se plaindre), on lira, dans les rubriques habituelles, un travail très précis d'analyse intitulé "Sur la misogynie des Goncourt", où l'on comprend qu'Edmond et Jules avaient décidément bien des problèmes (et des comptes à régler) avec le féminin...

 

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Centre National du Livre

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