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  • Placere et docere

    larevuelitt3.jpgLa revue Littéraire
    n° 28, automne 2006
    Ed. Léo Scheer

     

     (par Jean-Pierre Longre)

     

     

    La revue Littéraire, après 27 livraisons mensuelles, change de périodicité : elle devient trimestrielle, ce qui pourrait décevoir ; mais dans sa nouvelle formule, elle offre bien pour trois mois de lecture, en particulier grâce à l’introduction d’un« dossier » sur un écrivain. Pour ce numéro d’automne, c’est d’Hélène Bessette qu’il s’agit : écrivaine trop méconnue – malgré les éloges et le soutien de Raymond Queneau et de Marguerite Duras notamment – , elle est l’auteur de « l’une des œuvres les plus originales, acides, déstabilisantes de ce temps, ce qui met toujours vraiment un peu de temps à être, sinon accepté, du moins simplement vu et connu », selon Laure Limongi. D’autres voix se joignent à ce bel hommage : celles de Mathieu Bénézet, Julien Doussinault, Céline Minard, Frédéric Léal et Nathalie Quintane.

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  • Festival international du film de Vancouver

    vanc4.jpgSous les documentaires, les merveilles d'Asie

     

    Retour sur le XXVe Festival international du film de Vancouver qui s'est déroulé du 28 septembre au 13 octobre dernier.

    Au calendrier des grands festivals du film, Vancouver suit Toronto de près. Mais au plan de la renommée, la capitale ontarienne creuse l'écart chaque année avec ses vedettes hollywoodiennes et son vaste marché du film.
    A Vancouver, depuis 25 ans, l'événement est tourné vers le public, ce qui donne de longues files d'attente dans une ambiance très bon enfant et une programmation cosmopolite adaptée à cette ville-monde.

    Ne renoncer à filmer pour rien au monde

    Sur le thème général "Une planète, plusieurs mondes" ("Same Planet, Different Worlds"), les documentaires se sont taillés la part du lion. La caméra semble devenue l'émetteur-récepteur principal pour témoigner du monde et satisfaire la volonté d'être en prise réelle avec lui. Ainsi "Rampage", de l'Australien George Gittoes, plonge dans l'un des quartiers les plus déshérités de Miami et filme comme sur Fox News de jeunes rappeurs américains forts en gueule. L'un d'entre eux revient d'Irak, un autre est tué par balle, un troisième lance son premier album... L'enquête voyeuriste change facilement d'objet en plein film, sans évolution des personnages.
    Le manque d'écriture se ressent aussi dans "The Railroad All Stars", documentaire espagnol qui suit une équipe de football composée de prostituées guatémaltèques travaillant dans un secteur à haut risque. Cependant, grâce à un habile montage, il en ressort des scènes colorées de la vie de quartier et quelques témoignages très poignants, présentés en gros plan.

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  • Loin de Dickens

    acker.jpgGrandes espérances
    Kathy Acker
    traduit de l’anglais par Gérard-Georges Lemaire
    Désordres, 2006

    (par B. Longre)

    Après Sang et Stupre au lycée et La vie enfantine de la tarentule Noire, les éditions Désordres publient un troisième pan de l’œuvre de Kathy Acker, très librement inspiré du roman de Dickens – l’auteure intitulant d'emblée sa première partie « Plagiat ». On retrouve ici tout ce qui fascine dans les autres créations hybrides et débridées de l’artiste américaine : l’inlassable nécessité de s’approprier d’autres œuvres tout en les détournant, les parodiant et les pliant à ses propres fantasmes, les juxtapositions textuelles/sexuelles qui incitent le lecteur à chercher un fil conducteur ailleurs que dans l’enchaînement linéaire traditionnel, la grande diversité narrative (entre théâtralité et autobiographie), les innombrables explorations psychiques par le biais du langage, mais aussi l’incontournable schizophrénie du « Je », auteur / narrateurs / personnages. Dickens n’est ici qu’un point de départ qui explose dès les premières lignes, et même si des résonances existent entre les deux romans, Grandes espérances selon Acker ne retrace pas les tribulations d’un Philip Pirrip au féminin, mais tourne et retourne les notions de désir (jamais comblé) et d’identité, (toujours mouvante), tout en explorant aussi d’autres œuvres. La quête de Kathy Acker, pétrie d’intertextes et de déconstructions, s’affiche comme perpétuelle et toujours renouvelée, de lecture en lecture.