Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Bildungsroman féminin

    alchemist3.jpgThe Alchemist’s Daughter
    Katharine McMahon

    Weindenfeld & Nicolson (Orion), 2006

     

    (par B. Longre)

     

    Première moitié du XVIIIe siècle. La recherche scientifique et les progrès techniques vont bon train, même s’ils restent teintés de nombreuses réticences obscurantistes propagées par l’omniprésence du religieux ; mais John Selden, éminent physicien (« natural philosopher ») refuse de voir là un obstacle et n’hésite pas à enseigner son savoir et transmettre ses démarches empiriques à sa fille Emilie, en particulier dans le domaine de l’alchimie, une science sulfureuse mais dans laquelle nombre de Selden se sont impliqués par le passé.
    Emilie est donc éminemment érudite dès son jeune âge, passant son enfance et son adolescence dans le laboratoire de son père, un lieu sombre qui recèle de multiples secrets ; Selden veut faire d’elle une femme aussi savante qu’un homme : une « expérience » à laquelle il a dédiée son existence depuis la naissance de la petite. Mais il lui interdit pour cela tout contact avec l’extérieur, dans l’idée de la protéger (même le Révérend Shales, pourtant naturaliste et scientifique, est interdit de visite - sa méfiance envers l’alchimie y est pour beaucoup), et la jeune fille est presque cloîtrée dans la grande propriété familiale passablement délabrée ; ainsi, le quotidien d’Emilie, pourtant enviable si l’on considère la condition féminine de l’époque, se résume à de longues journées d’apprentissage et de lecture, ponctuée de promenades en compagnie de son père, qui servent là encore à lui inculquer des savoirs sur le monde du vivant qui les entoure, quand elle ne spécule pas avidement les propriétés et la nature de l’air et du feu…

    Lire la suite