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  • L'homme dominé, l'écrivain dominant...

    shozonuma3.jpgYapou, bétail humain, volume 1
    traduit du japonais par Sylvain Cardonnel
    Désordres, Laurence Viallet, 2005

     

     (par B. Longre)

     

    "In the struggle for survival, the fittest win out at the expense of their rivals because they succeed in adapting themselves best to their environment." (Charles Darwin)

     

    "J'avais beau comprendre qu'une œuvre échappât à son auteur, je ne pouvais m'empêcher d'en être troublé." (Shozo Numa)

     

     

    Le grand œuvre de Shozo Numa paraît en français : les éditions Désordres, décidément à l'avant-garde d'une littérature libérée de ses tabous (après David Wojnarowicz, Kathy Acker ou Peter Sotos) ont fait le pas.

     

    Roman fleuve d’abord publié en feuilleton à partir de 1956 dans la revue japonaise Kitan Club, Yapou, bétail humain appartient à la veine littéraire masochiste ; il fut composé pour servir de formidable exutoire à des pulsions que Shozo Numa est loin de renier et qui sont nées quand, tout jeune soldat, il fut fait prisonnier et « placé dans une situation qui me contraignait à éprouver un plaisir sexuel aux tourments sadiques que me faisait subir une femme blanche. » ; une « déviance » qui n’appartient donc qu’à lui, indissociable de son histoire personnelle, une expérience intime pourtant surdéterminée par son appartenance au peuple japonais... Car l'écrivain voit le Japonais comme un être modelé par un perpétuel sentiment d’infériorité, sentiment exacerbé par un contexte géopolitique spécifique, dans un Japon d’après-guerre vaincu, humilié et soumis à la mainmise occidentale. « Le caractère divin de l’empereur (…) était soudain détruit. C’est sans doute cette désillusion qui se transforma en moi en excitation masochiste. » explique-t-il dans sa postface à l’édition japonaise de 1970.

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  • Des volatiles très humains

    danlungu1.jpgLe paradis des poules
    de Dan Lungu

    traduit du roumain par Laure Hinkel
    éditions Jacqueline Chambon, 2005

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Dan Lungu fait partie des écrivains invités en France dans le cadre des Belles Étrangères 2005, ce qui, à bon escient, donne à son premier roman traduit en français la notoriété qu’il mérite. L’auteur, qui enseigne la sociologie à l’Université de Iasi, prête non seulement un regard attentif et scrutateur, mais aussi une plume animée par la verve et la poésie, au microcosme de la rue des Acacias, lointaine et proche, dont on peut se dire qu’elle est représentative d’un monde à plus grande échelle, roumain, populaire, humain tout bonnement.

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