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  • Le jeu de l’amour et des incertitudes

    loe2.jpgAutant en emporte la femme
    Erlend Loe

    traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
    Gaïa, collection taille Unique, 2005 - Parution en 10-18, mars 2008

     

    (par B. Longre)

     

    De la difficulté de vivre à deux – de la difficulté d’être soi-même.

     

    Présentation audacieuse pour ce deuxième roman du Norvégien Erlend Loe traduit en français, après Naïf (paru récemment en 10-18) : des entrées numérotées, signe, en surface, d’un parcours balisé, d’un récit maîtrisé et d’un enchaînement narratif connu d’avance – un ordonnancement chronologique qui est un leurre car le narrateur, dont les doutes et les hésitations, les anxiétés et les incertitudes presque maladives ne cessent d’imprégner le récit, fait plutôt penser à ces autistes qui ont un besoin vital de repères, de jalons répétitifs et rassurants pour avoir la sensation de posséder quelque contrôle sur une existence et un monde angoissants.
    Une personnalité sans relief, des désirs informulés (en apparence presque inexistants), le sentiment d’être en décalage, une platitude et une circonspection qui marquent sa crainte de s’impliquer plus avant dans ses rapports avec les autres : ce portrait au départ peu flatteur du protagoniste central, soudain livré aux assauts amoureux de Marianne, dont la fantaisie est contagieuse, évolue au fur et à mesure que la relation entre les deux jeunes gens se transforme et s’amplifie, au point de devenir essentielle.

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