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  • Le toucher d’Échenoz

    echenoz4.gifAu piano
    Jean Echenoz

    Éditions de Minuit, 2003

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    L’enfer, c’est la disparition des autres. Serait-ce une leçon possible du dernier roman de Jean Échenoz ? Et d’abord, y a-t-il une leçon ? Au bout du compte, non.
    Commençons par le commencement. Un jour, du côté du Parc Monceau, deux silhouettes d’hommes, un grand et un petit, s’avancent en s’entretenant du chapeau que porte l’un deux (tiens, on dirait du Flaubert – Bouvard et Pécuchet – ou du Queneau, entre Le chiendent et Exercices de style)... L’un des deux hommes est le fameux Max Delmarc, dont nous, lecteurs, savons rapidement qu’il va bientôt mourir, ce dont il ne se doute pas lui-même : avantage donné au lecteur sur le personnage, et octroyé par un auteur omnipotent qui se joue des conventions romanesques et autres pactes de lecture. Ainsi pouvons-nous observer à loisir, avec un détachement qui n’exclut pas l’attachement, la vie et la mort du protagoniste.

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  • Contre l'oubli

    destinsdefemmes3.jpgDestins de femmes, Filles et femmes afghanes
    Collection J'accuse..!
    avec un récit de Rolande Causse
    Syros , 2003

    (par B. Longre)

    "Pendant les six ans du régime des taliban, la communauté internationale, à quelques exceptions près, ne s'est pas préoccupée de ces femmes qui n'avaient plus aucun droit, sauf celui de se taire" (Valérie Rohart)

    Nahib a treize ans quand elle est enfin de retour à Kaboul après un exil forcé ; non pas au Pakistan, que sa famille n’a pu atteindre, mais dans la campagne afghane. Dans son « cahier rouge », elle revient sur les événements traumatisants liés à l’arrivée au pouvoir des taliban, mais d’abord, sur la petite enfance heureuse, un temps révolu où les femmes pouvaient couvrir leurs cheveux « d’un voile léger », porter des «robes chamarrées » et travailler, comme le faisait sa mère ; un temps où les petites filles pouvaient aller à l’école et apprendre le persan, les femmes accoucher à l’hôpital et se faire soigner normalement.
    En septembre 1996, l’arrivée des taliban bouleverse la vie familiale : le père de Nahib n’a plus le droit d’exercer son métier de jardinier ( « la beauté des jardins pouvant détourner de dieu »…) et il préfère quitter son pays plutôt que de subir le joug « d’étudiants » cruels et autoritaires. Le voyage est long, douloureux et après qu’un des enfants est blessé par une mine, ils doivent se résoudre à rester en Afghanistan. Pour Nahib, le monde se réduit alors à quelques heures de classe dans une école clandestine et à de longues heures passées « derrière la fenêtre», perchée sur un coffre.

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