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Métamorphoses

chauffeusedebus2.jpgLa Chauffeuse de bus
Vincent Cuvellier
Illustrations de Candice Hayat
Le Rouergue, 2002 - collection Zigzag

(par B. Longre)

Le petit Benjamin habite loin de l'école et chaque matin, il prend le car scolaire qui, malheureusement, le dépose toujours à l'heure ; c'est un peu de la faute de la chauffeuse du bus, une femme taciturne dont les enfants se moquent souvent : c'est une femme, mais pourquoi a-t-elle de si gros muscles ? Ce qui incite certains à l'appeler "Monsieur", lui déniant ainsi toute féminité et la considérant d'emblée comme monstrueuse ou anormale ; il est vrai qu'elle est costaude, qu'elle fume cigarette sur cigarette, qu'elle a un "gros pif" et qu'elle "pue"... bref, elle est moche ! Un prétexte suffisant pour les enfants, qui, le reste du temps, l'ignorent royalement...
Mais un matin où il est plus fatigué que d'habitude, Benjamin s'endort dans le bus et se réveille au dépôt... et se retrouve, pour la première fois, seul avec elle, figure familière et inconnue à la fois. Elle se méfie, fait comprendre qu'elle ne supporte pas les "gosses" et qu'elle va bien vite le ramener à l'école.

De fil en aiguille, ce début de journée un peu raté se transforme en quelques heures inoubliables pour les deux personnages : une amitié est née, ou plutôt, une forme de respect mutuel prend forme sous nos yeux, tandis que la position de chacun évolue, que leurs préjugés respectifs s'évanouissent. La chauffeuse, Yvette, semble réaliser que Benjamin est plutôt sympa et le petit garçon découvre tant de choses sur la vie d'Yvette (et sur la vie en général) qu'il en reste stupéfait : elle vit seule dans une vieille ferme délabrée, adore partir pêcher en mer, s'occupe d'un vieux monsieur invalide, elle sait écosser les petits pois et ne refuse jamais une partie de flipper au café du village...

Une belle histoire d'amitié, réaliste et tendre à la fois, où les problèmes ne sont pas forcément résolus plus vite que dans la vie réelle, mais qui transmet un message d'importance, à savoir que quand on fait l'effort ou que les circonstances vous y poussent, on peut voir le monde et les choses autrement, et il est possible d'apprendre à mieux se connaître, avec un peu de patience et de compréhension... La scène qui se déroule dans la barque de la chauffeuse (qui se remémore un amour perdu) est assez émouvante, mais le ton d'ensemble demeure plutôt vif et drôle ; un humour un peu sombre et cynique parfois, qui s'accorde parfaitement aux illustrations de Candice Hayat : elle interprète l'histoire à sa façon, en se concentrant sur la métamorphose des sentiments de Benjamin et du regard qu'il porte sur cette femme un peu bizarre. Roman d'apprentissage léger et grave tout à la fois, La chauffeuse de bus peut s'apprécier dès sept ans.

http://www.lerouergue.com/

http://vincentcuvellier.free.fr/

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