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  • Mises au point

    robbegrillet1.gifLe Voyageur

    Alain Robbe-Grillet
    Articles et entretiens réunis et présentés par O.Corpet avec la collaboration d'E.Lambert
    Christian Bourgois Éditeur, 2001

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    À l'automne 2001, un triple événement a consacré une manière de retour sur la scène éditoriale d'un Robbe-Grillet buriné mais toujours alerte (80 ans) : La reprise, roman (Minuit), un double numéro de Critique (n° 651-652, août-septembre 2001), et Le voyageur, Textes, causeries et entretiens (1947-2001) ; sans compter les articles, intervious (orthographe robbe-griettienne), dossiers et autres publications voulus par la circonstance.

    Le voyageur fut, de l'aveu même de l'auteur, le premier titre de son roman Le voyeur (1955) : le romancier circule, et dans ses déambulations perçoit et analyse à la fois les choses et sa propre perception des choses. Selon le même principe que Pour un nouveau roman, paru en 1963, Le voyageur se présente comme un recueil de textes théoriques rassemblés dans un ordre chronologique, suivis d'entretiens publiés dans des journaux et revues entre 1959 et 2000.

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  • De la perte

    zoevaldes1.gifIlam perdu
    Zoé Valdes
    traduit de l'espagnol (Cuba) par C. Val Julian
    Mercure de France, 2001

    (Par B. Longre)

    Une femme erre dans Paris, puis se raccroche au banc d'un square parisien, et malgré le froid, la faim et les humiliations, ce lieu devient un asile beaucoup plus accueillant que la France elle-même et ses préfectures... Amnésique, elle a tout oublié ou presque : quelques visions surgissent par à-coups, des corps massacrés, des scènes de guerre, des maisons calcinées, et un nom, Ilam, qu'elle se répète et tente d'interpréter, s’efforçant de se remémorer le visage et la personne à qui il appartenait. Peu à peu, les souvenirs font surface, éparpillés dans son esprit et mêlés à ses rêves : une île qui pourrait être paradisiaque si elle n'était aussi dangereuse, des voyages, la guerre... Ilam, lui, est perdu, dans l'esprit divaguant de la narratrice, mais aussi entre Cuba et Paris.

    Zoé Valdés parcourt un chemin sinueux et abrupt, entre onirisme poétique et glaçante réalité ; les blessures d'une femme perdue (elle aussi), "une rescapée, une survivante", sont explorées, fouillées, puis livrées à un lecteur impuissant face à la quête improbable de la narratrice, bousculée par l'histoire ; des thèmes qui rappelle le subtil roman de Marina Warner, The Leto Bundle. L'auteur dédie en effet ce court roman à Yoandra Villavicencio "Cubaine renvoyée dans son pays par la France en l'an 2000, puis décédée à La Havane dans des conditions obscures". Un hommage qui résonne comme une accusation, et qui est lancé à tous les réfugiés politiques. L'espoir refait néanmoins surface dans un dénouement ambigu, imaginé ou vécu, mais profondément humain.