Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

De la perte

zoevaldes1.gifIlam perdu
Zoé Valdes
traduit de l'espagnol (Cuba) par C. Val Julian
Mercure de France, 2001

(Par B. Longre)

Une femme erre dans Paris, puis se raccroche au banc d'un square parisien, et malgré le froid, la faim et les humiliations, ce lieu devient un asile beaucoup plus accueillant que la France elle-même et ses préfectures... Amnésique, elle a tout oublié ou presque : quelques visions surgissent par à-coups, des corps massacrés, des scènes de guerre, des maisons calcinées, et un nom, Ilam, qu'elle se répète et tente d'interpréter, s’efforçant de se remémorer le visage et la personne à qui il appartenait. Peu à peu, les souvenirs font surface, éparpillés dans son esprit et mêlés à ses rêves : une île qui pourrait être paradisiaque si elle n'était aussi dangereuse, des voyages, la guerre... Ilam, lui, est perdu, dans l'esprit divaguant de la narratrice, mais aussi entre Cuba et Paris.

Zoé Valdés parcourt un chemin sinueux et abrupt, entre onirisme poétique et glaçante réalité ; les blessures d'une femme perdue (elle aussi), "une rescapée, une survivante", sont explorées, fouillées, puis livrées à un lecteur impuissant face à la quête improbable de la narratrice, bousculée par l'histoire ; des thèmes qui rappelle le subtil roman de Marina Warner, The Leto Bundle. L'auteur dédie en effet ce court roman à Yoandra Villavicencio "Cubaine renvoyée dans son pays par la France en l'an 2000, puis décédée à La Havane dans des conditions obscures". Un hommage qui résonne comme une accusation, et qui est lancé à tous les réfugiés politiques. L'espoir refait néanmoins surface dans un dénouement ambigu, imaginé ou vécu, mais profondément humain.

Les commentaires sont fermés.