Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/01/2001

Roman théâtre

On dirait qu'on serait
Alain Gerber

Fayard, 2000

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

On dirait que le dernier roman d'Alain Gerber serait d'une lecture agréable et vagabonde, plus linéaire que certains de ses romans précédents. Maurice Truchot, apprenti-comédien rêveur poussé sur les planches par une mère passionnément cinéphile, devient un théâtreux médiocre et aboulique ; au fil de tournées provinciales et sans éclat, il se laisse aller à l'illusion-vraie de l'amour partagé avec Valentine, son ex-condisciple, puis rencontre son ancien maître, surnommé « Mon Petit Vieux », un Jouvet de banlieue apparemment aussi médiocre que ses élèves, mais transcendé par la vie-illusion et par sa propre parole.

En avançant, on dirait que le dernier roman d'Alain Gerber ne serait pas aussi simple qu'il en aurait l'air. Un peu comme Loin de Rueil de Queneau est le roman du cinéma (Maurice Truchot et Jacques l'Aumône ont de jolis traits communs), On dirait qu'on serait est le roman du théâtre (théâtre de la vie, théâtre du monde, théâtre tout court) ; c'est une magistrale illustration de l'expression à double entente « Interpréter le rôle de sa vie », que Valentine rappelle au bon moment. Valentine, maîtresse du jeu et des hommes, et dont la vie d'éternelle comédienne nous laisse comprendre que les trois protagonistes, Maurice, « Jouvet » et elle, jouent leur vie, dans tous les sens du terme, comme nous tous peut-être bien.

Lire la suite