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  • Parasites

    filth.jpgUne ordure
    Irvine Welsh
    Traduit de l'anglais par Alain Defossé
    Editions de L'Olivier, 2000 - (Filth, 1998 J. Cape)

    parution en poche - Points Seuil, octobre 2007

     

    (par B. Longre)

     

    Le dernier roman d'Irvine Welsh est inclassable : réaliste et grotesque, social et humaniste parfois, parodique et ironique souvent. Le lecteur peut se perdre dans ce labyrinthe psychologique combiné à des réitérations scatologiques et sexuelles, et Filth n'est pas sans rappeler Marabou Stork Nightmares.
    Notre "héros" / narrateur, Bruce Robertson, haïssable, représente tout ce que l'auteur rejette (on l'espère), incarnant l'antithèse de l'image traditionnelle du policier : corrompu, raciste, homophobe, misogyne, grossier, cocaïnomane... et on en passe ; il s'amuse à humilier ses collègues et ses conquêtes, à leur jouer des tours éprouvants et tandis qu'il a du mal à contrôler sa libido ultra développée, sa débauche est sans limites. Le terme "filth" le décrit parfaitement, mais afin de le rendre plus abject encore à nos yeux, Welsh lui inflige toutes sortes de maux peu ragoûtants (hémorroïdes, éruption d'eczéma génital, ainsi qu'un ver solitaire dont le rôle est prépondérant). Car depuis la fuite de sa femme et de leur fille, et le meurtre d'un journaliste africain sur lequel il est supposé enquêter, Robertson se laisse aller, ne se lavant que très rarement, sa maison devenant un innommable cloaque.

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  • Aliénation

    choe1.gifPoétique de la soif
    Ch’oe Yun
    récits traduits du Coréen par l'auteure et Patrick Maurus
    Actes Sud,
    1999

    (par B. Longre)

    Dans cet ouvrage sont regroupés quatre récits écrits à différentes périodes, mais ayant pour dénominateur commun la Corée du "miracle économique" et les répercussions dévastatrices de ces changements sur l'individu et la société entière. Une tristesse ineffable semble adhérer aux êtres qui ont un profond sentiment de solitude dans des foules anonymes : ils intériorisent leurs émotions, ne parvenant pas à communiquer dans un monde clos et oppressant. Par bonheur, l'écriture ouvragée de Ch'oe Yun leur permet d'exister et de révéler leurs peurs et leurs rêves, leurs lâchetés et leurs courts bonheurs : une écriture alambiquée, une prose empreinte d'une poésie mouvementée qui illumine les récits ; la traduction sonne juste, sans maladresse, chaque mot ou chaque figure de style semblant choisi pour l'occasion.

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