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Littérature jeunesse

  • Festin de fantaisie

    Magyk (livre un)
    de Angie Sage

    Le Livre de poche, 2008


    (par Anne-Marie Mercier)


    Ce premier roman de Angie Sage, illustratrice, avait déjà paru en 2005 et été immédiatement traduit en français (chez Albin Michel). Il est donné aujourd’hui en format poche, et c’est une très bonne nouvelle, car ce roman est excellent à bien des égards et mérite de trouver un public encore plus large.
    De nombreux rebondissements, un suspens toujours actif, chaque problème résolu en dévoilant un autre, tout cela fait que les jeunes lecteurs avaleront facilement ses 500 pages, comme ils l’ont fait avec les Harry Potter, Eragorn, etc.
    Une foule de personnages occupent cette histoire. On y trouve les couples antagonistes attendus : une jeune princesse/un tyran, un mage noir/une sorcière blanche, une famille de sorciers « ordinaires » (proches de la famille de Ron l’ami de Harry Potter)/des groupes anonymes et embrigadés (la Jeune garde), et d’autres ingrédients classiques : un dragon sur lequel les héros s’envolent, un fantôme, un chasseur et ses balles d’argent, un anneau magique.
    On y retrouve aussi des thèmes qui parcourent toute la tradition de la littérature pour la jeunesse : un (et même deux)orphelin(s), de nombreuses mères de substitution (tiens, ça manque un peu de figure masculine valorisée, à part le fantôme), des souterrains et des prisons, des forêts et des marais, un navire inquiétant, beaucoup de sandwichs et de description repas bizarres, enfin, des animaux de compagnie qui suivent les jeunes héros partout et apportent une touche d’humour.
    Contrairement à ce que pourrait faire croire cette énumération, ce n’est pas un recueil fourre-tout de ficelles qui marchent : tout cela est très construit, les événements sont préparés et la reconnaissance finale (autre thème très classique) est amenée pas à pas. La structure est relativement complexe car on suit en alternance différents personnages dans différents lieux. L’humour est constant : on suit les ennuis conjugaux du rat coursier, le chat qui s’est transformé en canard pour mieux vivre dans les marais mais reste un chat, la vision du monde de deux jeunes abrutis (le soldat 412 et l’apprenti sorcier nul), les créatures bizarres, les soucis vestimentaires des uns et des autres. On a aussi quelques éléments de la vie des fantômes et des règles qui la régissent qui installent une  forme de contrainte dans l’histoire : le récit ne se prend pas au sérieux. Un exemple : dans l’un des moments les plus dramatiques où le Chasseur, figé par un sort de congélation , commence à se ranimer et doit être à nouveau vite immobilisé, la sorcière explique gravement qu’il ne faut jamais recongeler une personne qui l’a déjà été. Conseil utile. Quand aux pierres vivantes, vous saurez à quoi elles servent dans le deuxième volume

    (Vol. 2 et les suivants à paraître en poche; "Sept livres au total sont prévus dont quatre sont déjà parus. Ils ont été traduits dans 28 langues et vendus à plus d'un million d'exemplaires" nous dit la notice Wikipedia, la gloire, donc).

  • Peter Rabbit: roman historique

    E112131.gifMiss Charity
    De Marie-Aude Murail

    Illustré par Philippe Dumas
    L’école des loisirs, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)


    C’est une surprise de trouver chez L’école des loisirs un ouvrage d’une telle dimension : un format inhabituel, un volume de 500 pages, cela fait beaucoup, même si les nombreuses illustrations de Philippe Dumas aèrent le texte. C’est une autre surprise de voir Marie-Aude Murail s’adonner à une biographie imaginaire proche à la fois du roman historique et du conte.
    L’ensemble est composé d’éléments très divers et cependant a une grande unité. Le personnage est inspiré de la vie de Beatrix Potter (le lapin de Charity s’appelle Peter) et Philippe Dumas imite à merveille ses images (certaines sont presque des copies) tout en gardant son propre style. Béatrix-Charity recueille toutes sortes d’animaux quand elle est enfant, les peint lorsqu’elle est jeune « jeune-fille », vend des images à l’unité, puis écrit une histoire à partir de croquis de Peter faits pour distraire un enfant malade. Viennent ensuite des histoires de crapaud, souris, etc. Elle fait la cruelle expérience de la rapacité des éditeurs et de la difficulté à mener une vie indépendante pour une jeune fille de sa condition.
    Charity écrit son histoire. Mi-journal, mi-autobiographie, le récit suit la vie d’une jeune fille solitaire de la bonne société anglaise, de son enfance à son mariage, tardif : fille unique avec quelques talents, puis fille à marier difficile à placer, puis personnage inclassable et déclassé, « vieille fille », originale, elle devient une artiste.

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  • Roman et adolescence

    9782701146973.gifDes Romans pour la jeunesse ? décryptage
    De Marie-Hélène Routisseau,

    Belin, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce guide s’adresse aux étudiants ou formateurs désireux de mieux connaître la littérature de jeunesse. Dans sa volonté pédagogique, il trace dans son premier chapitre une approche de la théorie du roman qui par sa brièveté (4 p., éternelles contraintes imposées par les éditeurs) ne peut qu’être très schématique et insuffisante pour son public.  En revanche, le retour sur les catégories romanesques lui sera utile.
    La seconde partie propose une analyse générique des romans pour la jeunesse avec un a priori assez contestable : les romans pour la jeunesse auraient une spécificité par rapport à ceux de la littérature générale. Pour ceux qui en doutent (comme moi) et qui à l’issue de l’argumentation n’en sont toujours pas convaincus sauf dans le domaine des « mondes » autres (« mondes de nulle part ») qui donnent lieu à des pages intéressantes, c’est une position qui reste peu solide. Les autres y trouveront de quoi moudre leur grain. Le débat est toujours intéressant et nécessaire.
    La dernière partie (« point de vue sur le roman initiatique pour adolescent ») est plus précise et de ce fait remplie de choses intéressantes. Elle sera extrêmement utile à ceux qui veulent comprendre cette lecture adolescente, son importance, ses racines et ses enjeux.

  • "Tout en haut du ciel"

    tonneau volant.jpgLe tonneau volant
    de Roland Fuentès, illustrations de Pauline Duhamel

    Editions Rageot (collection Petit roman), 2009
    A partir de 6 ans

    (par Myriam Gallot)

    Quel est le point commun entre une fille de tonnelier, une barrique qui ne supporte pas la mer, un petit garçon à la voix de sauterelle, une pierre de lune et une tulipe géante ? Réponse : un tonneau volant. Et oui, on est chez Roland Fuentès, qui nous emmène loin très loin là-haut, au paradis de l’imagination et du merveilleux.
    Quand en plus les illustrations sont à la hauteur, gracieuses et poétiques, on n’a décidément pas envie de redescendre. Un petit roman enchanteur, pour les tout jeunes lecteurs.

    http://www.rageotediteur.fr/

  • Dictionnaire spécialisé

    l'abécédaire des amoureux.jpgL’abécédaire des amoureux

    Sandra Poirot Cherif

    Rue du Monde, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

    L’abécédaire des amoureux décline les mots de l’amour. Il en propose de savoureuses définitions illustrées de collages désuets. L’album, accessible aux plus jeunes, s’adresse aussi et surtout aux adultes. Subtil et léger, il effeuille la passion et ses aléas de A à Z. Jamais bêtifiant, il démontre qu’en amour nul besoin d’artifices, juste des sensations, une petite dose de manque et une bonne dose d’émotion.

  • Et si...

     9782081211698_cm.jpg
    Ceux qui sauront
    de Pierre Bordage
    Flammarion (Ukronie), 2008

    Divergences 001 (Anthologie)
    Flammarion (Ukronie), 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Les éditions Flammarion ont lancé fin 2008 une nouvelle collection de romans de SF destinées aux ados, Ukronie. Une « uchronie », c’est un récit qui imagine une bifurcation dans l’Histoire : un événement n’a pas eu lieu, ou s’est produit autrement ; le cours des événements que nous a transmis l’Histoire en a été changé : l’invincible Armada n’a pas sombré, Pizarre a été chassé d’Amérique avant de pouvoir détruire des empires, Hitler a gagné la guerre, etc. C’est un thème qui connaît aujourd’hui une nouvelle faveur (voir Et si on refaisait l'histoire ? de Anthony Rowley  et Fabrice d' Almeida).
    L’un des ouvrages, Divergences 001, est une anthologie. Les textes, de M. Pagel, F. Colin, L. Généfort, J. Héliot, X. Mauméjan, P. Pelot, J.M. Ligny, P. Mc Auley R. Wagner et E. Henriet, sont souvent ingénieux, parfois prenants, mais l’ensemble ne convainc pas : il semble que le genre de l’uchronie s’accommode mal de la forme brève. Faute de pouvoir inventer un univers avec toutes les conséquences matérielles, intellectuelles, esthétiques, politiques, religieuses, qui auraient découlé d’une autre histoire, les plus réussis des textes sont des nouvelles réussies, mais pas des uchronies frappantes.

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  • Hélium, une nouvelle maison d'édition gonflée

    Mini maxi.jpgMini-maxi, le livre des contraires, De Didier Cornille

    L’oiseau patate, Jeu de Delphine Chedru

    Les méli-molos, Jeu de Serge Bloch

    Editions Hélium, 2009

    A partir de 3 ans

      

    (par Myriam Gallot)

     

    Toute jeune (petite) maison d’indépendante créée par Sophie Giraud, une ancienne d’Albin-Michel jeunesse, Hélium sort ses premiers ouvrages. Son ambition ? Concevoir ses livres en artisan, choisissant « en relation étroite avec auteurs et illustrateurs le format, la fabrication, le traitement graphique »  pour « régaler » les lecteurs, jeunes et adultes, « exciter leur œil et leur curiosité ».

    Le pari est plutôt réussi pour ces premières parutions dont la qualité de facture saute aux yeux.

    Parmi les titres tout frais, un curieux petit livre rouge jusqu’à la tranche, pour apprendre les contraires, « Mini-maxi ». Il est conçu par Didier Cornille, professeur de design et inventeur de lampes. Dessins épurés et rigolos, mais aussi pleins de sens – il suffit de passer de rayures horizontales à verticales pour qu’un voleur se transforme en banquier (l’esprit de Mao soufflerait-il encore ?) Ou qu’un ivrogne rond se transforme en carré pour devenir gendarme. Quand la tignasse descend sur la moustache, le jeune devient vieux. Quand les fleurs montent pour étoiler le ciel, le jour devient nuit. Et voici que par un coup de crayon magique, les contraires se rapprochent. Quant aux rabats surprises, ils transforment la mini en limousine, et la maison en immeuble. Instructif, ludique et de surcroît beau, voici un petit ouvrage qui pourrait devenir grand.

     Méli molos2.jpg

    oiseau patate.jpgDe petits coffrets jeux sont également disponibles. Si leurs principes sont bien connus – des stickers repositionnables, un bonhomme constitué de trois languettes interchangeables – en revanche leur réalisation est originale et graphiquement très réussie, l’humour en prime.

     

    Une petite maison qui mérite d’aller loin. Souhaitons-lui bon vent !

     

    http://www.helium-editions.fr/

  • Une ado sans peurs (et sans reproches?)

    E113978.gifAilleurs
    de Moka

    L’école des loisirs (medium), 2009

    (par Anne-Marie Mercier)

    Moka (qui fait traîner son Sorcier ! en ajoutant volume après volume à sa série), livrerait ici généreusement une trilogie en un seul volume? En fait, c'est une réédition de titres parus à partir de 1991.
    Les aventures de Francès, dite Frankie gagnent à être ainsi ramassées car les trois intrigues sont fortement liées par l’amour que la jeune fille de 15 ans voue à un Major de l’armée de l’air, quarante ans, veuf, et père d’un garçon à peine plus jeune qu’elle. A la fin des trois tomes, elle arrivera à ses fins. Désolée de griller ainsi le suspens, mais il faut bien dire que ce texte rompt avec les habitudes prudentes de la littérature de jeunesse.
    Rupture sur bien d’autres points assez bien vus même si celui-ci est le plus risqué face aux protecteurs de l’enfance : elle fréquente des jeunes gens pas recommandables et un peu voyous, mais les héritiers des puissants de la ville sont bien pires. Elle fait une fugue et entraîne un plus jeune avec elle, et court de grands dangers, mais sauve un plus petit encore, et puis, il faut bien se faire entendre par les adultes, non ? Elle fait une vie d’enfer à sa sœur conformiste et à sa mère, mais il faut bien que celui (celle) qui a raison toujours, soit le chef, non ? et si ça va pas, on cogne. La négociation n’est pas son fort et elle n’a pas toujours tort en cela.
    Bref, pas très conventionnelle, pas dans le discours, pas féminine pour un sou, ni même raffinée, mais attachante, généreuse et sincère, un ovni efflanqué en tee shirt qui lutte contre le racisme, l’hypocrisie, les pyromanes, les dragueurs, l’exploitation des enfants,… et qui n’a peur de rien.

  • Un merveilleux vieux voisin

    2fy0x73i.jpgMonsieur Rose
    de Silke Lambeck,

    traduit de l’allemand par Carine Destrumelle,
    Seuil jeunesse (collection chapitre), 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce petit roman commence comme une histoire réaliste : le jeuen Maurice vient de déménager, est un peu perdu, sa mère, divorcée, l’est aussi. Ca va mal à l’école de l’un, mal au travail de l’autre, enfin, pas la joie. Ils font la connaissance d’un voisin, un vieil homme qui vit seul et semble assez désoeuvré pour emmener Maurice au parc, lui offrir à gouter… On se demande où le livre nous emmène et ce que va réserver la suite. Et ça bifurque de façon très joyeuse, très progressivement, très discrètement. Le réalisme sociologique banal et sombre du début se transforme fantaisie légèrement fantastico-merveilleuse avec de bonnes couleurs, histoire de montrer la vie en rose, enfin.

  • Cyrano de Bergerac raconté aux enfants

    cyrano.jpgCyrano

    Texte Taï-Marc Le Thanh, illustrations Rebecca Dautremer

    Editions Gautier-Languereau
    réédition dans les collections « petits bonheurs », 2008 et « les petits Gautier », 2009

    à partir de 6 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Excellente surprise que cette adaptation en album de la célébrissime histoire de Cyrano De Bergerac, soupirant malheureux et épistolier exceptionnel. La qualité du texte, d’abord, un conte poétique et fantaisiste, volontiers désuet dans le ton, avec de vraies-fausses définitions des mots compliqués ou anciens. « Un air inspiré est le contraire d’un air expiré. Un air expiré est déjà passé dans les poumons et il donne une teinte rougeaude au visage (ce qui n’est pas très joli pour dire de la poésie). »
    Les illustrations ensuite, dans un style médiéval japonisant fleuri, à dominante de rouges et de verts du plus bel effet. Exotiques, douces, évocatrices. On rit. On a le cœur serré. Une interprétation libre et pourtant fidèle à l'esprit de l'original. Et surtout une belle manière de découvrir un classique que ce petit album parfait, à prix très doux (réédité dans deux collections, respectivement à 7,50 et 5,20€).

     

    http://www.rebeccadautremer.com/

  • Intrusion familiale

    type vautour.jpgCe type est un vautour
    Texte de Sara et illustrations de Bruno Heitz
    Editions Casterman (collection « les albums Casterman »), 2009

    (par Myriam Gallot)

    Voici un singulier album qui risque d’embarrasser libraires et bibliothécaires. En apparence, c’est un album jeunesse à la réalisation cartonnée d’ailleurs très soignée (à partir de 8 ans, dixit l’éditeur). Pourquoi pas, vu le thème abordé : l’intrusion d’un homme dans une famille monoparentale. Le traitement, pourtant, n’est guère enfantin.

    Un trait appuyé, épais, presque grossier. Pas de visages, à part celui du chien et de la petite fille, comme si les adultes étaient finalement interchangeables (ils semblent d’ailleurs découpés dans du papier et collés). Une femme. Un homme. Chabadabada. Sauf que l’homme est un séducteur égoïste, observé avec lucidité et dégoût par le chien narrateur, qui flaire le danger. Une vraie bonne idée, pour témoigner de manière médiate du vécu de la petite fille, sans larmoiement mais avec une émotion réelle.

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  • Fantasy & cie

    9782081209831_cm.jpgLumina Princesse guerrière. Vol.1 : L’exil de la lumière
    De Alain Grousset, Danielle Martinigol, Paco Porter

    Flammarion, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Réédition en un volume de quatre des dix livres d’une série parue chez Castor Poche entre les années 2000 et 2002, ce livre épais a toute la légèreté nécessaire à ce qu’il vise. Il s’agit de faire rêver de jeunes lecteurs à des aventures pleines de suspens, d’exotisme et d’un brin de merveilleux (quelques animaux de légende : licorne, tigre ailé,…).
    Ajoutez à cela un héros qui est une héroïne, fille d’un bon roi assassiné par traîtrise, belle, naïve et tendre qui devient par obligation une fuyarde puis une guerrière solitaire, mais reste très humaine. Elle a des pouvoirs, aussi, qu’elle découvre progressivement. Il y a une secte de méchantes magiciennes à laquelle elle devrait être intégrée. Les autres méchants ont l’âme noire à souhait, on s’embarrasse peu de descriptions ni de style, le nombre des personnages secondaires est restreint afin de ne pas embrouiller. Mais une invention intéressante, celle d’un personnage qui peut être tantôt fille tantôt garçon (Ninyo ou Ninya). Quelques noms feront sourire et penser que ces trois auteurs ne se prennent pas trop au sérieux (un personnage s’appelle Tolken, un saltimbanque Médranno). Et tout cela est bien mené et reprend de bonnes vieilles ficelles efficaces, comme le montre le titre, désuet à souhait.

  • Egypte de poche

    21058873772.GIFArchéopolis (t. 3, les tablettes magiques)
    Pierre-Marie Beaude

    Gallimard jeunesse

    (par Anne-Marie Mercier)

    La jeune Alisson accompagne une expédition archéologique en Egypte et grâce à l’usage de son imagination et de sa sensibilité (le cœur) parvient à percer les mystères. Elle arrive même à remonter le temps jusqu’à la princesse, future épouse de Ramses III, à déjouer un complot, favoriser des amoureux, et ainsi de suite. Tout cela est simple comme bonjour, facile.

  • "Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, était fort amoureux d'une fée..."

    ogre moscovie.jpgL’ogre de Moscovie

    Textes de Victor Hugo, illustrations de Sacha Poliakova

    Editions Gautier-Languereau, 2008

    A partir de 6 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    On le sait peu, mais Victor Hugo, quand il ne fait pas dans le grandiloquent et le sublime, sait aussi manier le second degré. « L’ogre de Moscovie » est une délicieuse fable comique racontant l’histoire d’un ogre maladroit « fort amoureux d’une fée », qui, sans penser à mal, croque le « marmot » de sa dulcinée… Morale de l’histoire : « aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d’astuce ; N’allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien. » Illustrée par une dessinatrice russe dans un album très grand format, la fable s’incarne en personnages marionnettes, où les ficelles et les manipulateurs apparaissent… et où l’ogre n’est pas forcément celui qu’on croit. Une interprétation astucieuse bien dans le ton de la fable, qui s'adresse peut-être plus aux adultes, capables de percevoir le décalage ludique.

  • Chaperons du monde

    chaperons.gifLes Histoires du Petit Chaperon rouge racontées dans le monde
    Fabienne Morel et Gilles Bizouerne
    Illustrées par Julia Wauters

    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    On trouve ici des versions du Chaperon rouge proches de la tradition orale française, dans toute leur crudité. Dans une version française la petite fille est invitée à fricasser le sang de sa grand mère , dans une version africaine, le corps de la mère grand disparaît membre après membre, dévoré non par des fourmis comme le croit l’enfant, mais par le lion ; ailleurs, c’est un tigre qui la met en morceaux…
    Autre motif : les ruses des Chaperons pour s’échapper, pleines d’inventivité, les objets, les mets, la couleur des chemins… On trouve dans cet album de multiples variations, si riches qu’on ne se lasse pas d’entendre toujours la même histoire. L’illustration suit deux modèles. Chaque histoire est accompagnée d’une page aux tons de rouge imitant les papiers découpés et reproduisant des motifs dans le style du pays de la version proposée. Tous les récits sont illustrés de dessins à l’esthétique naïve, crayonnés et colorés de manière à donner une « couleur » particulière à chaque scène.

  • Chaperon rose

    9782844206893.jpgLe Chaperon rouge
    Illustrations de Nathalie Choux, adaptation d’Olivier Cohen, musique de Pierre Choley
    raconté par Roland Giraud

    Thierry Magnier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Encore un Chaperon, proche au début de celui de Perrault, mais avec des variantes curieuses et peu convaincantes. Une fin qui donne le beau rôle au chaperon et qui dissout toute l’angoisse possible du conte. Les illustrations sont elles aussi un peu mièvres (esthétique Charlie Brown, la cruauté en moins) et la mise en son assez traditionnelle, avec quelques effets de dramatisation et de suspens bien calculés.

  • 60 recettes ludiques et chamarrées

    cuisine des week-ends.gifLa cuisine des week-ends en famille – 60 recettes faciles et festives

    Nathaly Nicolas-Ianniello, photographies de Laurence Mouton

    Nathan, collection faire ensemble, 2008

    A partir de 5 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Surtout ne pas se fier à l’apparence de ce livre de cuisine familiale : la couverture ni le titre ne laisseraient présager des recettes dans un esprit très cuisine nouvelle (steak à la chantilly de tomate, crêpes vertes au thé matcha, tarte tatin pamplemousse-réglisse), avec une nette préférence pour le sucré-salé (sandwichs de pommes aux bleus, rôti de porc aux trois glaces, et même un osé coulis de poivrons rouges et fraises). Tout le monde n’est pas amateur !

     

    Les recettes sont à faire avec les enfants, mais certaines manipulations risquent de se révéler difficiles, même pour les parents, à moins qu’ils ne soient cordons bleus. Il est plutôt technique d’ouvrir un œuf cru comme un œuf coque, le vider de son blanc en conservant le jaune et le faire cuire en équilibre sur l’eau chaude pendant 6 minutes à 60°C. A l’inverse, est-il vraiment nécessaire d’utiliser un livre de recettes pour placer un disque de jambon dans une tranche de pain de mie à faire gratiner au four parsemée de fromage râpé ? Pour fourrer des pruneaux au foie gras ?

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  • Voyage au pays des mages

    puybaret.jpgLes îlots de Piédestal – voyage au pays des mages

    Textes et illustrations d’Eric Puybaret

    Editions Gauthier-Languereau, 2008

    A partir de 7 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    A bord de leur roulotte scientifique amphibie, le professeur Azarias et ses deux assistants partent explorer le pays des mages. Il paraît que ces êtres mystérieux ont des pouvoirs fascinants. Sur les îlots de Piédestal, de hautes tours comme des « clous de pierre », les mages ne sont pas très disciplinés et mènent la vie dure à nos explorateurs…avant de choir de leurs tours, renversés par un poisson géant. Que d’aventures !

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  • Fleurs de mots

    9782020982313.gifHenri au jardin d’enfants
    De Gérard Dubois

    Seuil, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)


    Henri, en costume marin, et ses amis les deux jumeaux jouent dans un jardin public qui ressemble au Luxembourg. Tout près d’eux une fille les observe. A partir de là, tout dérape : le ballon expédié trop fort de la page de droite file sur la page de gauche et explose les mots, les lignes. Les pages se défont progressivement des mots qui tombent en tas et laissent le rêve émerger, à travers quelques mots cueillis par les deux enfants, le garçon et la fille : « jardin », « fleur », « poisson », « étang »… jusqu’au baiser final qui fait revenir au réel.
    Une belle variation graphique sur les mots et les rêves.

  • Le Yiddish dégourdi

    9782732039152.gifFilourdi le dégourdi
    de Mani Leib et El Lissitsky,
    Traduction de Françoise Morvan
    Sorbier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Intitulé dans sa version originale, Yingl Tsingl khvat (gamin à la langue bien pendue et dégourdi), ce poème yiddish a été publié pour la première fois à New York en 1914, puis réédité à Kiev avec les illustrations de El Lissitsky, qui s’engagea par la suite aux côtés de Malévitch.
    Histoire bondissante et surprenante d’un enfant qui rêve de neige, elle est proposée ici dans un bel objet à l’esthétique très soignée. L’album se lit "à l'envers", c'est-à-dire de la dernière à la première page, chaque page de droite présentant la traduction du texte original dans une typographie intéressante. Le texte en yiddish s’inscrit à gauche, à l’intérieur des gravures en noir et blanc d’El Lissitsky qui évoquent le trait de Chagall (à moins que ce ne soit Chagall qui… puisque le dessinateur a collaboré avec lui après avoir développé un travail inspiré par les fresques des synagogues).
    Une belle réédition, qui propose en postface des clefs pour resituer le livre.